Dans un studio en tôle à Uvira, trois micros se font face autour d’une table en bois. À Kamanyola, la scène se répète devant les logos d’une radio communautaire. À Baraka, c’est une autre équipe qui prend l’antenne, mais le message reste le même. Trois villes, trois studios, une seule conversation qui s’est répétée chaque semaine pendant des mois : celle de la paix.
Trois studios, une même conversation
Dans le cadre du projet « Femmes en Action pour la Paix et la Sécurité au Sud-Kivu » (financé par GIZ-GOPA/PACE), MICHE asbl a lancé, dès le 10 janvier 2026, une campagne de sensibilisation à travers trois radios locales partenaires : Radio communautaire de Kamanyola, Radio Voix de la Femme et Radio Le Messager du Peuple à Uvira. Au total, 36 émissions interactives ont été produites, où auditeurs et animateurs échangeaient en direct sur la culture de la paix, la prévention des conflits et, plus délicat encore, sur la manière de désamorcer les discours de haine avant qu’ils ne s’installent.
Une voix qui porte au-delà des trois villes
Le résultat dépasse largement les zones concernées : plus de 26 483 auditeurs ont été touchés à travers ces radios, sans compter les relais sur les réseaux sociaux. Pour beaucoup de foyers d’Uvira, de Fizi et de Walungu, la paix n’est donc plus seulement un mot entendu lors d’un atelier ponctuel — elle est devenue une voix familière, celle qu’on écoute en préparant le repas du soir ou en travaillant aux champs.
Ce choix de la radio n’a rien d’un hasard. Dans une région où l’accès physique à certaines zones reste difficile, les ondes voyagent là où les routes ne mènent pas toujours. Une émission interactive permet à un auditeur reculé de poser une question ou de partager une préoccupation en direct — une forme de dialogue communautaire qui ne nécessite ni déplacement, ni carte d’invitation.


