Certaines frontières se traversent en voiture. D’autres, en marchandises. Et parfois, la seule façon de vraiment les franchir, c’est par le dialogue. En avril 2026, dans le cadre du projet « Femmes en Action pour la Paix et la Sécurité au Sud-Kivu » (financé par GIZ-GOPA/PACE), MICHE asbl a réuni 150 personnes — 100 femmes et 50 hommes — pour trois dialogues intercommunautaires, à Kamanyola, Baraka et Uvira.
Trois rencontres, un même objectif : se parler avant que ça ne s’envenime
Du 15 avril : Kamanyola (axe Walungu), 20 avril : Baraka (axe Fizi) et 23 avril : Uvira; Femmes leaders du réseau COFELEP, jeunes ambassadeurs des clubs de paix, autorités locales et communautaires se sont assis autour de la même table, avec un objectif clair : identifier des actions concrètes de paix et renforcer la cohésion entre des communautés parfois séparées par une frontière, mais confrontées aux mêmes défis.



« La frontière ne doit pas empêcher les communautés de dialoguer »
À Kamanyola, ville frontalière avec le Rwanda, la jeune leader Akonkwa Zawadi résume l’esprit de la rencontre :
« Nous avons compris que la frontière ne doit pas empêcher les communautés à dialoguer. Les activités nous ont permis d’échanger sur nos préoccupations et de comprendre que les jeunes peuvent contribuer à prévenir les tensions et maintenir les bonnes relations entre les communautés de Kamanyola et celles du Rwanda. »
Un peu plus au sud, à Uvira, Mwemeli Bertha, membre du réseau COFELEP et femme commerçante transfrontalière, partage un changement tout aussi concret dans son quotidien :
« Avant le projet, nous étions souvent témoins des tensions dans nos communautés sans savoir comment intervenir. Grâce aux formations, aux échanges et aux comités des femmes leaders, nous avons appris à écouter les différentes parties, à dialoguer et à chercher des solutions sans attendre que le conflit s’aggrave. Aujourd’hui, nous nous sentons capables de contribuer à la paix dans nos communautés. »
Un espace de confiance, pas juste une réunion de plus
Ces dialogues ne se sont pas arrêtés à l’échange de bonnes paroles. Ils ont permis de construire de vraies solutions concrètes, ancrées dans le quotidien de communautés transfrontalières partageant les mêmes routes commerciales, les mêmes marchés — et parfois les mêmes tensions.


